Dès son premier roman, ce Premier Amour publié à 28 ans, l’écrivain hongrois, né en 1900, dit que le monde est une prison dont on ne peut sortir que par la passion, à condition de la regarder en face. Contraint de s’exiler en 1948, Márai continue d’écrire des fictions, mais également un récit autobiographique, Mémoires de Hongrie. Ses livres n’étaient pas publiés officiellement dans son pays et connaissaient une reconnaissance discrète à l’étranger. Il se donna la mort en Californie, en 1989, quelques mois avant la fin de la République populaire hongroise. Son oeuvre magnifique connaît une gloire posthume, en France et dans le monde entier.
Sándor Márai construit admirablement un huis clos d’une rare puissance. Par la description du quotidien, le passage de l’affection à la haine puis à la passion, il décrit des sentiments intenses et d’une rare violence alors que tout paraît immobile autour du personnage central aux gestes mesurés. J’ai rarement vu, hormis Stefan Zweig, un auteur aller aussi loin dans l’analyse des sentiments…
Sandor Marai. Le premier amour. Livre de Poche, 2010.
