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Le village de l’Allemand

janvier 31, 2010 · Laisser un commentaire

 Les parents des deux frères Schiller ont été massacrés par le GIA près de Sétif en 1994. Les enfants, élevés en France par un oncle immigré, découvrent que leur père, un Allemand converti à l’islam, marié à une Algérienne, était un bourreau nazi qui a mis ses compétences au service du FLN. Rachel, l’aîné, est ingénieur, plus qu’intégré, et marié. Il va enquêter sur le passé de son père, partir sur les traces  et  va ressentir la nécessité de racheter cela, d’assumer la part d’ombre de l’humanité. Malrich, petit zonard en voie de réinsertion par la mécanique auto, parvient au même niveau de conscience en jetant un regard lucide sur sa banlieue. Mais c’est surtout après le suicide de son frère, en découvrant son Journal qu’il décide lui aussi de se battre.

Les journaux croisés des deux frères nous offre une réflexion d’une grande profondeur et d’une grande sincérité sur un sujet délicat qui relie la Shoah, les années 90 en Algérie et la situation des banlieues en France aujourd’hui.

Ce roman, basé donc sur une histoire authentique, a obtenu le Grand prix RTL en 2008.

« Le village de l’Allemand » ou « Le journal des frères Schiller » par Boualem SANSAL. Ed. Gallmimard, Folio n° 4950.

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Les amazones de la blogosphère…

janvier 14, 2010 · Laisser un commentaire

Eh oui ! La lecture est apparemment une activité féminine ? Sur le net, des passionnées critiquent sans concession des écrivains… Il existe aujourd’hui plus de 400 blogs littéraires, alors qu’en 2000, il n’y avait que Zazieweb ou Le club des rats de biblio-net. On trouve des pros (journalistes, libraires), mais surtout beaucoup d’amateurs. On cite, toujours dans cet article, des blogs littéraires de référence : Biblioblog, Lignes de fuite, La Tourneuse de pages, les routes de l’imaginaire, happy few… Enseignantes, bibliothécaires, documentalistes ou femmes au foyer, ces papivores lisent beaucoup ! Mais pourquoi tenir un blog ? La réponse revient à Charles Nodier : « Après le plaisir de posséder des livres, il n’y en a guère de plus doux que d’en parler ». Lisez l’article complet non pas sur mon blog, mais dans Télérama, n° 3131 du 13 janvier 2010, pp. 24-26 (Belle mise en abyme !).

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La porte des enfers

décembre 4, 2009 · Laisser un commentaire

Après « Le soleil des Scorta » (Goncourt 2004), « Eldorado » (2006) et « Dans la nuit Mozambique » (2007), on retrouve dans « La porte des enfers » (2008) la puissance d’écriture de Laurent Gaudé dans un conte fantastique dont la structure narrative est une alternance entre deux époques et est très maîtrisée (comme d’habitude). Au gré des chapitres, on se retrouve ainsi, soit en 1980, soit en 2002, à Naples, et on comprend alors l’histoire de Pippo, qui revient de l’Enfer. Le livre s’ouvre avec l’assassinat de Pippo. C’est comme un coup de poing que le lecteur reçoit sur l’enfer de la douleur, douleur qui détruira d’ailleurs le couple que forme les parents de l’enfant, chacun dans son monde souterrain. Ici, la mort a une portée mythologique. Roman fort, plein d’humanité, qui met les (sur)vivants face à leurs morts.

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La vie d’un homme inconnu

novembre 24, 2009 · Laisser un commentaire

Sur les conseils d’une amie, j’ai lu « La vie d’un homme inconnu ». J’avais déjà lu « Le Testament français », livre avec  lequel Andréï Makine a obtenu le Prix Goncourt et le prix Médicis, et qui m’avait impressionné. Voilà, je viens de terminer « La vie d’un homme inconnu » paru en janvier 2009 et j’en suis encore bouleversée. La première « partie » du livre si l’on peut dire est l’histoire de Choutov,  écrivain et ancien dissident, qui retourne en Russie et espère ainsi fuir l’impasse de sa liaison avec sa très jeune amie, Léa. S’ensuit, dans une deuxième partie, une description d’une Russie qu’il ne reconnaît pas, la Russie d’aujourd’hui et surtout la rencontre d’une vie. Celle de Choutov et du vieux Volski. A travers la vie de cet homme inconnu, il évoque celle de millions d’autres, brisées par le système. Volski, témoin d’une Russie qui abandonne son passé et ses vieillards. Makine raconte la guerre, la solitude et la résignation. Le siège de Saint-Pétersbourg, les purges et les camps. La Russie d’hier et d’aujourd’hui. “Le carnaval du monde.” Il dit le froid et la mort qui s’infiltrent partout. Guidé par une foi inébranlable en l’humanité, il sculpte des corps endoloris et meurtris.

Voilà pour l’analyse succincte du livre. Pour ma part, j’ai été touchée par les thèmes abordés, par cette belle langue, par cet amour que l’on retrouve tout au long du livre et qui trancende la barbarie humaine, et j’ai été marquée, dans ma lecture de la « deuxième partie », par la présence de l’écrivain Choutov, qui nous accompagne en tant qu’observateur avec des yeux-caméra fixés derrière nous. L’intensité du texte est renforcée car on sait que quelqu’un d’autre que nous écoute aussi le parcours de ce vieil homme, une histoire de guerre et d’amour dans les pages de la grande Histoire ! De belles pages à lire toute affaire cessante !

Makine, Andréï. La vie d’un homme inconnu. Ed. du Seuil, 2009.

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Prix littéraires

novembre 4, 2009 · Laisser un commentaire

‘’En honorant Marie Ndiaye pour son roman « Trois femmes puissantes », publié aux éditions Gallimard,  les jurés du Goncourt ont distingué une romancière française qui évoque, pour la première fois dans son œuvre, le continent de son père, l’Afrique, et notamment le Sénégal, à travers le récit de la vie de trois femmes’’, selon le communiqué de l’AFP. Née d’un père sénégalais et d’une mère française, Marie Ndiaye, 42 ans, a publié à l’âge de 18 ans son premier roman intitulé ‘’Quant au riche avenir’’. Elle abandonnera ensuite les études pour se consacrer à l’écriture en publiant à intervalles réguliers une vingtaine de romans et de nouvelles dont « Comédie classique » (1988), « La femme changée en bûche » (1989) et « La sorcière » (1996).

Installée à Berlin avec sa famille en 2007, Marie Ndiaye a déjà reçu le Prix Femina en 2001 pour « Rosie Carpe ».images

Le prix Médicis vient tout juste (ce 4 novembre) d’être décerné à Dany Laferrière, auteur québécois d’origine haïtienne, pour son livre « L’Enigme du retour » publié aux éditions Grasset.

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Un diamant brut…

novembre 4, 2009 · Laisser un commentaire

diamant brutYvette Szczupak-Thomas nous offre une autobiographie d’une sincérité rare… et nous convie à un extraordinaire travail de mémoire par l’abondance de ses souvenirs. Elle  aura mis plus de vingt ans à rédiger ce livre. Commencé dans les années quatre-vingts, abandonné pendant vingt ans, le livre sera achevé à Jérusalem en 1999, alors qu’elle avait soixante-dix ans. Yvette Szczupak-Thomas mourra quatre ans plus tard. La première partie du livre décrit son enfance où, devenue orpheline très jeune, elle a été ballottée dans plusieurs familles d’accueil avant d’être adoptée par un couple d’intellectuels, les Zervos*, éditeurs parisiens, amateurs d’art, amis de Picasso, Char, Braque et bien d’autres. Commence alors la deuxième partie du livre, où elle raconte avec spontanéité et une mise à distance intelligente sa vie étrange de bohème dans le milieu des artistes, qu’elle dépeint sous leur vrai jour.

* Christian (et Yvonne)  Zervos : Christian travaille pour la revue L’Art d’aujourd’hui où il écrit ses premiers articles sur Picasso. Il fonde en 1926 une revue de référence, Les Cahiers d’art (publiée jusqu’en 1960) présentant des analyses et des critiques.  Les éditions des Cahiers d’art se trouvent rue du Dragon à Paris, à côté de la galerie de sa future femme, Yvonne Marion,  qu’il épousera en 1932. Durant les années 1930, Zervos publie une grande série de monographies. Le couple Zervos s’installe à Vezelay. Cette ville de Bourgogne deviendra en mars 2006, le lieu d’accueil du musée, constitué d’œuvres du legs Zervos dont des sculptures et des peintures de Picasso, Giacometti, Calder.

 

 

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Le Nobel de Littérature 2006 à Lyon

octobre 9, 2009 · Laisser un commentaire

Non, pas le dernier Nobel attribué il y a quelques jours à Herta Müller*, mais Orhan Pamuk, venu tout exprès de l’Université de Columbia où il enseigne la littérature comparée. Tout d’abord, un peu surprise car il s’exprime en Anglais, nous avons pu apprécier sa simplicité et son humour. Raphaëlle Rérolle l’interviewait avec beaucoup de talent.

*Herta Müller, quant à elle, a été récompensée pour avoir « avec la densité de la poésie et la franchise de la prose, dépeint l’univers des déshérités », a précisé l’Académie Nobel.Herta Müller en 2005.

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Hors-champ

septembre 20, 2009 · Laisser un commentaire

imagesC’est le titre du dernier livre de Sylvie Germain, paru il y a quelques semaines seulement. Comment en parler alors que je me suis précipitée pour acheter ce livre suite à une rencontre fortuite mais très intéressante avec l’auteur cet été au festival d’Avignon. J’avais beaucoup aimé L’Inaperçu, qui aborde le même thème, mais Hors-champ me laisse pantoise ! Cet univers qui glisse imperceptiblement mais sûrement vers l’effacement d’un être est désespérant de réalisme. Pourtant le traitement de l’histoire n’est pas réel, même plutôt fantastique. En une semaine, Aurélien disparaît… Les chapitres nous le montrent en égrenant les différents jours de la semaine comme un déclin inéluctable, du dimanche au samedi.  Ce livre nous fait réfléchir sur notre humanité, notre place dans la société où l’on peut vite basculer, devenir « invisible » pour les autres, même les plus proches. Ce monde, assez effrayant, cauchemar de notre monde contemporain, est aussi une réflexion sur les rapports entre le personnage, l’écrivain et le  lecteur, donc sur l’écriture.

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Festivals…

septembre 6, 2009 · Laisser un commentaire

Quelques infos pour les amoureux des lettres :images

- Les 4è rencontres de Chaminadour du 24 au 27 septembre 2009 autour de Jean Echenoz, à Guéret dans la Creuse

www.rencontres-chaminadour.com

- Les Correspondances de Manosque du 23 au 27 septembre 2009

www.correspondances-manosque.org

- La 14è édition des « Cafés littéraires » à Montélimar du 1er au 4 octobre 2009

www.lescafeslitteraires.fr

Avis aux amateurs…

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Le Maître et Marguerite

septembre 4, 2009 · Un commentaire

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J’avais  lu, il y a fort longtemps les « Récits d’un jeune médecin » de Mikhaïl Boulgakov, qui sont des nouvelles en partie autobiographiques, mais je n’avais jamais lu le chef d’oeuvre de cet auteur, devenu d’ailleurs livre culte en Russie, à savoir, « le Maître et Marguerite« . Quelques mots sur l’écriture de ce livre de près de 600 pages, écrit de 1928 à 1940 mais publié en 1966, bien après la mort de Staline. En effet,  Boulgakov a été accablé par les attaques incessantes de la critique officielle qui a détruit une partie importante de la première version de ce livre. Difficile de résumer ce roman sur le diable, personnifié par Woland, qui est en visite à Moscou avec ses amis, un chat, un certain Koroviev et un vilain tueur, Azazello. Le diable laissera sa marque sanglante, plongeant la ville dans la folie  collective.  On découvre la vie d’autres personnages comme, entre autres, Le « Maître »,   poète déchu car son oeuvre est jugée impropre et celle de Marguerite, sa fiancée qui l’aime plus que tout. On comprend bien en filigrane que l’auteur  dénonce les actes de terreur de son gouvernement… Un livre magistral !

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